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Où en est Apple ?




Apple en grande forme

Ne vous inquiétez pas, Apple se porte bien ! La firme qui était moribonde quand elle a racheté NeXT au début de 1997 a subi sous la houlette de Steve Jobs un lifting fort salutaire, ce qui a valu à Steve d'être consacré pour l'année 2009 par le magazine Fortune meilleur manager de la décennie. Voici les principales étapes de cette renaissance spectaculaire :

• La consolidation de l'acquis, Mac OX Classique 8 et 9, pour ne pas perdre ce qui restait des derniers partisans du Mac.

• La sortie de l'iMac à l'été 1998, qui a été le premier d'une longue série de nouveaux ordinateurs très soignés (mais pas sans défauts).

• En Mars 2001, la première version finalisée de Mac OS X (Cheeta), portage de NeXTSTEP sur la plateforme Mac, et sur le processeur PPC.

• En Octobre 2001, l'iPod, premier baladeur numérique d'Apple, accompagné de la version 2.0 d'iTunes qui permet de l'alimenter en morceaux de musique. En Avril 2003, iTunes 4 introduit l'iTunes Music Store (maintenant iTunes Store), qui permet d'acheter de la musique en ligne avec la bénédiction (parfois réticente) de l'industrie du disque. Depuis 2008, le service s'est enrichi de films, de séries TV et de livres audio, et la gestion des DRMs s'est assouplie sans complètement disparaître.

• En Janvier 2007, l'annonce par Steve Jobs de l'iPhone, suivi en septembre par l'iPodTouch. C'est le début d'une nouvelle révolution à l'image de celle des iPods six ans plus tôt. Parti de rien dans le domaine de la téléphonie mobile, Apple a accaparé une partie importante du marché, au point que la moitié du trafic 3G transite par des iPhones à la fin de 2009. Le succès de l'iPhone s'est accompagné sur l'AppStore de la multiplication foisonnante des applications qui lui sont consacrées.

• En juin 2005, Steve Jobs annonce le passage du PPC hérité des Macintosh au processeur Intel, et en Janvier 2007, Apple Computer Inc. devient Apple Inc, pour officialiser la diversification des activités de la firme. Entre la vente des iPods et des iPhones et celle des services d'iTunes, l'activité traditionnelle d'Apple (les ordinateurs) est devenue minoritaire, mais représente presque la moitié des dépenses d'ordinateurs de bureau aux Etats Unis ! En bonne forme financière, la société dispose de liquidités impressionnantes.

• Et au printemps 2010, l'annonce de l'iPad, une tablette tactile, la réponse d'Apple au marché florissant des Netbooks, et au Kindle d'Amazon.


Que des bonnes nouvelles donc ? Ce n'est pas si sûr...

• La mise au point de l'iPhone a coûté cher à Apple, et a mobilisé pendant trois ou quatre ans l'essentiel de ses ressources en développement. Il faut admettre que le travail a été bien fait ! Il a fallu inventer une interface tactile, adaptée à un processeur peu véloce, à un environnement mono-tâche, à une mémoire et à un écran de taille fort limités. L'interface utilisateur graphique et tactile de l'iPhone est une parfaite réussite, malgré les défauts du début (absence de presse papier) qui ont vite été corrigés par des applications tierces. Ce travail s'est étendu à l'iPad, annoncé en Janvier 2010, et disponible en Avril. La richesse des applications disponibles (environ cent mille à la fin 2009) est aussi une validation brillante du modèle et des outils de développement proposés par Apple, malgré de vives critiques et des abandons spectaculaires.

1- Les insuffisances du système de fichiers

• Mais pendant tout ce temps, l'évolution de Mac OS X a été fort négligée. Or, c'est un système qui date de la fin des années 1980, qui a certes subi quelques améliorations, mais qui trahit son âge. En abandonnant UFS (le système de fichiers traditionnel d'Unix) au profit de HFS + (le système de fichiers du Mac un peu amélioré), Steve Jobs était condamné à terme à trouver une autre solution (la roulette multicolore têtue lors des accès aux fichiers en témoigne abondamment). Celle de ZFS ayant été abandonnée, voilà Apple confronté à une tâche très difficile, et qui est loin d'être terminée. Combien de temps faudra-t-il attendre encore un système de fichiers convenable ?

Les insuffisances de HFS+ ont entravé et retardé l'évolution du reste du système, contraint à des contorsions compliquées pour assurer la compatibilité avec les volumes existants.
- Dès Panther, Apple a ajouté la journalisation au système de fichiers.
- Tiger a rajouté trois modifications importantes : HFS+ gère mal les méta-données, qu'il a fallu, réinventer par l'intermédiaire d'attributs étendus. Ceux-ci ont aussi servi à compléter les permissions de fichiers d'Unix par des ACLs ; ils ont permis de compléter les méta-données classiques du catalogue, et de les exploiter par des greffons d'importation appelés lors des entrées-sorties de fichiers effectuées par le noyau : cela contribue à maintenir automatiquement l'index de Spotlight.
- Léopard a introduit le framework FSEvents qui permet d'entretenir des fichiers log pour tout ce qui se passe dans le système.
- Snow Léopard s'est attaqué de front aux problèmes posés par les processeurs multicœurs et les GPUs : Grand Central Dispatch se charge de répartir les threads, et OpenCL d'exploiter les GPUs. Il a entrepris d'unifier l'accès au système de fichiers, de terminer la conversion à 64 bits commencée en 2003, et commencé à compresser les fichiers.

• Ces exemples, et l'introduction de nouvelles Core-APIs, montrent que depuis six ans au moins, Mac OS X est en profond chantier, et que c'est loin d'être fini ! Le chantier aborde même ses phases les plus critiques, avec la nécessité d'intégrer au système de fichiers en gestation tous les ajouts progressivement apportés à HFS+. Autrement dit, toutes les "améliorations" apportées jusqu'à présent, ne pourront porter leurs fruits que quand l'ensemble sera devenu opérationnel. Dans l'état actuel des choses, elles ne sont que des promesses. Pire, ce chantier permanent et inachevé est profondément dissuasif à l'égard des développeurs qui auraient des velléités de proposer une application originale.

2- Les errances de l'interface utilisateur

Si les concepteurs de l'iPhone ont réinventé (avec succès) une interface utilisateur parfaitement adaptée à ce nouvel outil, il n'en est malheureusement pas de même avec Mac OS X ! La méthode des essais et des erreurs, plutôt qu'un peu de réflexion et de bon sens, a prévalu pour l'évolution de l'interface utilisateur de Mac OS X, et pour les applications Apple livrées avec le système.

Dans la présentation des fenêtres, on est passé du thème "Aqua" de Cheeta, à des fenêtres rainurées, puis à des fenêtres en aluminium brossé, puis à des fenêtres grisées, au gré d'on ne sait quelle mode. Encore, cela n'est-il pas trop gênant ; mais la lubie de la semi-transparence a progressivement envahi toute l'interface, au point de corrompre même le menu ! Dans le plupart des cas, cette semi-transparence n'a aucune justification : elle rend seulement un peu plus confuse la fenêtre qu'elle est censée afficher. Et pour faire bonne mesure, le thème mortuaire s'est invité dans l'interface utilisateur, d'abord avec CoverFlow, et plus récemment avec le Dock de Snow Léopard ! Et pourtant, Snow Léopard semble avoir échappé à l'interface utilisateur Marble dont il avait été question !

Les mêmes errances s'appliquent aux applications :
• Les barres d'outils des application Mail et Aperçu se sont encombrées de réceptacles oblongs démesurés qui les rendent incapables de présenter commodément tous les outils disponibles, au point qu'il faut en loger d'autres en bas de la fenêtre, là où on s'attend normalement à voir une barre d'état. En comparaison, Pages, Numbers ou Keynote présentent un modèle enviable de barre d'outils (et une barre d'état en bas de fenêtre) comme on aimerait en voir partout.
• Si on peut admettre que la personnalisation de la barre d'outils ne soit réservée qu'à des applications un peu complexes, on aimerait que l'escamotage ou l'affichage de celle-ci soit une caractéristique commune à toutes les applications.
• iMovie est un autre exemple classique des errances d'Apple : il est difficile de dire si c'est le thème mortuaire qui a prévalu, ou le paradigme des salles obscures (qui est inadapté puisqu'il s'agit d'un outil de montage), mais le résultat n'est pas réjouissant : ces énormes fenêtres sombres qui occupent tout l'écran sont lugubres sans nécessité ! Les insuffisances et la mauvaise conception des diverses versions d'iMovie, principalement en ce qui concerne l'importation des fichiers, ont aussi fait couler beaucoup d'encre ; la version miracle d'iMovie '08, annoncée comme une refonte complète n'a pas vraiment fait l'unanimité, et a beaucoup fait regretter la version HD 6. Depuis, iMovie '09 (version 8, pour vous perdre un peu plus) a un peu corrigé les choses, en restant toutefois sur les bases d'iMovie '08 (version 7).

Il me faut tout de même revenir ici sur les aberrations étonnantes, comme la taille excessive des fenêtres imposée aux images d'Aperçu, le Dock qui s'est mis en deuil et se prend pour un Finder, et le sabotage de la copie d'écran.

• N'en jetons plus ; on pourrait multiplier les exemples, mais je crois que la cause est entendue : plutôt que de réfléchir un peu au départ sur les besoins fondamentaux d'une application, Apple pratique la méthode des essais et des erreurs, en cherchant à compenser les effets des erreurs précédentes par de nouvelles erreurs, ou des dérives graphiques sans justification.

3- Les mauvais choix d'Apple

Apple, insensible aux arguments et aux souhaits de ses utilisateurs continue à en faire à sa guise dans des domaines où elle pourrait facilement, et sans risque, sensiblement améliorer les choses. Le cas le plus flagrant est l'installation monolithique avec ce nom idiot de Macintosh HD.

Je ne reviens pas là dessus, mais je serais curieux de savoir combien d'entre-vous ont osé sauter le pas, et installé les utilisateurs sur une partition séparée, et pour ceux qui l'ont fait, ce qu'ils en pensent ; combien y ont renoncé parce qu'ils ont trouvé cela trop difficile ou trop risqué ? Combien parmi-vous se sont aussi résolus à adopter un fond d'écran uni, et à positionner le Dock ailleurs qu'en bas ? J'attends vos témoignages, si vous le voulez bien, par courriel.

Toutes ces contorsions ne seraient pas nécessaires si par défaut, Apple proposait des choix intelligents. Je sais bien que la firme doit aussi compter avec des mauvaise habitudes solidement ancrées, mais ce faisant, elle néglige le rôle d'éducation qui devrait être le sien.


Mais pour l'heure, elle a bien d'autres soucis. Car le problème principal est de savoir s'il y a encore un architecte et des contremaîtres sur cet immense chantier, ou si les ouvriers sont simplement livrés à leur bon plaisir... comme tendent à le prouver les stupidités de l'interface utilisateur de Snow Léopard.