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Hommage à Steve Jobs.




La nouvelle est tombée le 25 Août : dans une courte lettre au comité de direction et à la communauté d'Apple, Steve Jobs a fait part de sa démission aux fonctions de PDG d'Apple, pour des raisons de santé. C'est la seconde démission de Steve de sa société ; la première s'était faite en 1985, quand il avait été mis en minorité devant le conseil de direction d'Apple dans un conflit qui l'opposait à John Sculley, le gestionnaire issu de Pepsi et recruté par Steve deux ans auparavant. Cette fois, la chose ne présage rien de bon ; l'état de santé de Steve doit être bien dégradé, et on ne peut que lui souhaiter, sinon un prompt rétablissement qui semble bien improbable, du moins encore quelques moments de vie paisible au milieu de ses proches.

Je suis loin d'approuver le chemin pris par Apple sous la direction de Steve Jobs depuis quelques années, mais dans ces moments difficiles pour lui, je me dois de témoigner de mon respect et de mon admiration pour ce qu'il a su faire chez Apple (et chez NeXT) depuis la création de la société en 1976. Respect mêlé de regrets : que de belles occasions manquées, par excès de confiance en soi, et par indifférence -sinon mépris- envers les autres, qui ont dû bien souvent confiner Steve Jobs dans un superbe isolement.

Depuis sa rentrée au bercail à la fin de 1996, Steve Jobs a conduit son troupeau de main de maître, sans aucune fausse note de gestion, en menant Apple à des sommets que nul n'aurait jamais osé espérer. Apple est devenue la seconde société la plus valorisée au monde, avec des bénéfices et des résultats records. Et malgré une réputation de produits chers, les iBidules d'Apple se vendent comme des petits pains, et la concurrence est incapable de s'aligner même sur les prix.

Mais cette réussite financière incontestable laisse bien souvent un goût amer, et le sentiment que tout lui est subordonné. Apple est devenue une énorme machine à gagner de l'argent et à faire du chiffre d'affaires, au mépris de l'idéal libertaire initial de son fondateur, et de l'attente d'une bonne partie de la communauté Mac.

Certes, au cours de ses trois vies de PDG, Steve a sans doute beaucoup appris, et la déconfiture financière de NeXT lui a servi de leçon. Son opportunisme s'est exacerbé et lui a réussi, mais à l'heure de faire le bilan, on ne peut s'empêcher de penser qu'il aurait pu être plus brillant encore, s'il avait respecté les idéaux de la communauté Open Source sur laquelle il s'est hissé. Aujourd'hui, au mépris de ceux-ci, Apple se débat journellement dans des conflits de brevets dans lesquels il s'est enferré, en cherchant à conserver pour elle seule le bénéfice des innovations dont elle est la créatrice. C'est oublier que le progrès n'appartient à personne, et que le Macintosh lui même est issu de la récupération sans vergogne des travaux du PARC.


1) La première vie (de PDG) de Steve Jobs

En Avril 1976, quand l'Apple I a vu le jour, l'idée d'un ordinateur personnel était dans l'air. Jusqu'à ce moment là, les ordinateurs étaient réservés aux entreprises, mais dès janvier 1975, la revue Popular Electronics avait donné le ton. Les premiers ordinateurs personnels étaient proposés en kit (en France, ce fut l'Alcyane), mais ils n'avaient au début ni clavier, ni écran ; un simple boitier avec des boutons et des diodes. Le mérite revient à Steve Wozniak d'avoir proposé un ordinateur tout monté (en fait un circuit imprimé avec ses composants). Plus tard, l'Apple II a été le premier ordinateur complet proposé sur le marché, et le bidouillage génial de Steve Wozniak pour lui rajouter un disque souple de 5 pouces 1/4 donna le coup de fouet : le DOS était né...

Dans le tandem Steve Jobs - Steve Wozniak à l'origine de la création d'Apple, c'est à Wozniak qu'on doit le travail de conception. Jobs se souciait peu des choses matérielles, avait une vision d'ensemble et une tâche de gestionnaire ; pour plus de détails, voyez cet article de Scott Raymond, dont ZDNet m'a refusé l'autorisation de poster une traduction sur MacPuissanceDix (dommage, j'avais fait le travail mais vous serez obligé de le lire en anglais).

Cela a toujours été la grande force de Steve Jobs : c'est un visionnaire, qui ne s'embarrasse pas de détails ni de scrupules, et qui en laisse le soin aux autres. Il sait faire confiance (jusqu'à un certain point), quitte à trahir ses proches collaborateurs comme en témoigne l'article précédent dont voici un extrait :

Avant de créer Apple, Jobs a travaillé chez Atari, et avait été chargé de créer un circuit imprimé pour le jeu Breakout. Pour chaque circuit intégré qu'il pouvait éliminer de la machine, il recevrait une récompense de 100$. Jobs se souciait peu du travail de conception matérielle, si bien qu'il a délégué cette tâche à son ami Steve Wozniak avec la promesse de partager les gains équitablement. Wozniak a réduit de 50 le nombre de circuits. Jobs a dit à Wozniak qu'Atari ne lui avait donné que 700 $, au lieu de 5000, et que la part de Wozniak était de 350$. Cela donne un avant-goût des choses à venir.

Les détails ne sont pas connus, mais l'attitude injuste, autoritaire, irascible, méprisante de Steve Jobs a abondamment usé, désabusé, et découragé des personnalités éminentes qui avaient accepté de travailler avec lui. Cela a commencé avec Rich Page chez NeXT, mais les plus emblématiques ont été (en 2006) la démission de Avie Tevanian (responsable du noyau Mach, recruté sous Next), et de Jon Rubinstein, puis plus récemment de Bertrand Serlet, qui a fini par jeter l'éponge. Sans compter Jean Marie Hulot, le créateur d'Interface Builder, qui a mis l'Amérique et l'Atlantique entre lui et son ami Steve, tout en continuant à travailler jusqu'en 2005 sur le projet de mobiles d'Apple.

Un autre épisode peu glorieux fut le refus de Jobs de reconnaître sa fille Lisa (bien qu'il ait donné son nom à son ordinateur), et surtout, alors qu'il était déjà dans l'aisance, son refus de soutenir financièrement la mère de Lisa, qui fut contrainte de recourir à l'assistance publique pour élever sa fille. Il est vrai qu'après, il a fait amende honorable...

La seconde grande initiative de Steve Jobs fut, après avoir visité le PARC en 1979, de vulgariser l'interface utilisateur graphique, d'abord sur le Lisa, puis sur le Macintosh. Là encore, il n'a rien inventé, mais a su mettre à profit l'énorme travail qui avait été fait pour l'Alto et le Star. Dans cette affaire, Xérox s'est révélé doublement fautif : incapable d'abord de passer à la fabrication de masse d'une machine révolutionnaire et pleine de promesses, et responsable ensuite d'une fuite de secrets industriels essentiels (l'Interface Utilisateur Graphique, IUG) que Jobs, lui, a su exploiter très vite avec le Lisa ( Janvier 1983) puis avec le Macintosh (Janvier 1984).

Le Lisa n'a pas eu le succès escompté ; il disposait d'applications de base et d'un système de développement, mais il était trop cher (10 000 $). Quatre fois moins cher, et présenté par un Steve Jobs en costume et en nœud papillon, le Macintosh eut un succès immédiat, malgré ses fortes limitations : livré avec seulement deux applications (MacPaint et Mac Write), il a bénéficié de la sortie de l'imprimante LaserWriter en 1985, il est vite devenu l'outil de PAO par excellence. C'est à ce moment que Steve Jobs quitte Apple.




2) L'expérience de NeXT

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Le logo de NeXT.


La seconde vie de Steve Jobs commence par un projet de revanche : la société NeXT (la suivante) est fondée en 1985 à Redwood, avec 5 cinq autres transfuges d'Apple, dans le but de construire des stations de travail pour les besoins universitaires. Et ce sont des petits bijoux de design et de technologie qui voient le jour après trois ans de gestation, à partir de 1988. Le NeXT Cube était un cube noir de un pied (30,4 cm) de côté d'une sobriété monacale et de construction modulaire. Il fut complété par deux stations (une noir et blanc et une en couleurs) en forme de pizza Box de couleur noire, de 46,5 x 40 x 6 cm. Je suis très fier de conserver dans ma cave, en ordre de marche, chacune de ces machines de prestige. On y voit le souci sans concession de Steve de concevoir de beaux objets parfaitement fonctionnels. Le logo de NeXT est aussi un modèle du genre.

Tout était à faire, et Steve Jobs a puisé dans les ressources existantes disponibles gratuitement. Le nouveau système d'exploitation (NeXTSTEP) est un Unix d'origine BSD, assemblé par Avie Tevanian à partir du micro noyau Mach dérivé d'Accent, qu'il avait créé à l'Université de Carnegie Mellon. Pour NeXTSTEP, Jobs a fait développer une IUG basée sur Display Postscript ; elle repose sur un moteur de rendu graphique écrit en Objective C, et sur des APIs rendant la programmation plus facile. Jean Marie Hulot propose à Jobs un outil de construction de l'interface graphique qui prendra le nom d'Interface Builder. Les choix fondamentaux de NeXTSTEP se sont révélés payants : c'est sur un NeXT Cube que Tim Berners Lee a mis au point en quelques mois les trois technologies principales du Web : le protocole HTTP, le langage HTML, et les URLs.

Disponibles à partir de 1988, mais trop chers, les ordinateurs NeXT n'ont pas rencontré le succès escompté, et ont été incapables de rentabiliser les énormes investissements de l'usine de fabrication que Jobs avait fait édifier pour eux à Frémont. Elle était capable de fabriquer 150 000 machines par an, mais pas plus de 50 000 NeXT n'ont été vendus. Les investisseurs (Ross Perot, IBM, Canon) qui avaient fait confiance à Steve Jobs en ont été pour leurs frais. La fabrication des ordinateurs a cessé en février 1993, Canon a renoncé à récupérer l'usine de fabrication en guise de compensation, et NeXT s'est consacrée au développement et à la vente de logiciels. Initialement écrit pour le Motorola 68 030, le système d'exploitation NeXTSTEP est alors porté sur plusieurs plateformes : Intel (j'ai utilisé NeXTSTEP sur des PCs), PA-RISC de HP, et SPARC de Sun. Une version sans noyau Mach fut créée avec Sun sous le nom d'OpenStep. Et Next commercialisait aussi WebObjects, son utilitaire de conception de pages Web.

L'épopée de Next prend fin avec son rachat par Apple pour 429 millions de dollars en Décembre 1996. Next a été une remarquable réussite technique (aussi bien pour les machines que le logiciel), mais un gouffre commercial et financier qui a fini par se bien terminer.


3) La consécration financière et les renoncements aux idéaux

a) Mac OS X.

Après son rachat par Apple, Steve Jobs entreprend de porter NeXTSTEP sur PowerPC, les processeurs des Macs de l'époque ; le nom de code du nouveau système d'exploitation s'appelle de Rhapsody, et il était complété par deux frameworks, l'un (Yellow Box) pour le code orienté Objet du NeXT, et l'autre (Blue Box) pour assurer la compatibilité avec l'ancien Mac OS (Mac OS 8, re-dessiné avec un thème Platinium). Pour des raisons d'efficacité, Mach a été remplacé par un noyau hybride appelé Darwin. Après plusieurs pré-versions, la version définitive du nouvel OS (Mac OS X 10.0, ou Cheeta) est sortie en Mars 2001 ; elle sera suivie de Puma (Octobre 2001), puis de Jaguar (Septembre 2002) et de Panther (Octobre 2003). Les débuts ont été difficiles : les premières versions de Mac OS X étaient lentes et boguées, et la gestion de fenêtres pénible. Mais la nouvelle interface Aqua, qui a remplacé le Display Postscript du NeXT par un moteur graphique en PDF, et les nouvelles applications (Safari, Mail) rendaient cependant le système très agréable et efficace, plein de promesses.

Les versions suivantes, Tiger (OS X 10.4, Avril 2005) et Léopard (OS X 10.4, Octobre 2007) ont encore apporté des modifications décisives : Tiger introduit le contrôle des méta-données (attributs étendus) et les ACLs (listes de contrôle d'accès), et avec eux Spotlight et Dashboard. Léopard entreprend la migration du système en 64 bits, met en place les FSEvents, et un pilote de fichiers en lecture pour ZFS, qui sera (malheureusement) presque immédiatement abandonné. En 2006, la migration vers les processeurs Intel se fait sans problème, et grâce à Rosetta, les possesseurs de Mac Intel peuvent continuer à travailler sur des applications PPC. Mais c'est la fin de Mac OS Classique (Mac OS 9). Snow Léopard (OS X 10.6, Août 2009) n'apporte rien de bien à l'interface utilisateur, mais s'adapte avec de nouveaux compilateurs, GCD, et Open CL aux processeurs à cœur multiples et aux GPUs. Enfin, Lion (Mac OS X 10.7, Juillet 2001) amorce un virage pour rapprocher Mac OS X de l'iOS et du comportement multitouch des iBidules.

Le chant du cygne de Steve Jobs en matière de système d'exploitation intervient avec Tiger. Après, des améliorations ponctuelles ont été apportées à Mac OS X, mais l'enthousiasme n'y est est plus, et surtout, la priorité donnée aux iBidules siphonne les ressources disponibles pour Mac OS X. Pour moi, c'est le début du déclin de l'OS : rien n'est fait pour remédier à un système de fichiers (HFS+) complètement dépassé, et avec Lion, la régression ne fait que s'accentuer.

b) La gamme des Macs.

Vingt et un mois après sa rentrée chez Apple, en Août 1998, Jobs présente le premier iMac de nouvelle génération. Dans sa coque translucide qui laissait deviner l'intérieur, il conservait un processeur PPC, et le caractère transportable des premiers Macintosh.

La gamme a ensuite été progressivement enrichie et homogénéisée :
• en haut de gamme, les stations de travail Power Macs dans une coque en plastique puis en aluminium, remplacés en 2006 par les MacPro avec un processeur Intel.
les machines de bureau où tout est intégré prennent le nom d'iMac : iMac G3 original, un iMac G4 "Tournesol", suivis des iMacs G5 puis Intel en coque plastique, puis en aluminium.

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les iMac au fil du temps (source Wikipedia)


les portables commencent par les iBook G3, coexistant avec les PowerBook, et finalement remplacés par les MacBook et des MacBook Pro au moment du passage à l'Intel. Des modèles en plastique et en aluminium coexistent, et la coque usinée "Unibody" apparaît à partir d'Octobre 2009. Un netBook (le Mac Book Air) apparaît à partir de 2008

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les MacBook au fil du temps (source Wikipedia)


• Il existe enfin un quatrième type de boitier, les Mac Minis. Ils commencent en 2005 avec un processeur G5, et passent rapidement à l'Intel. La dimension du boitier a été changée en Juin 2010.

Depuis le passage à l'Intel, cette gamme est restée très cohérente ; de nouveaux processeurs ont été intégrés au gré des progrès techniques, mais dans des boitiers qui se ressemblent et n'ont pas fondamentalement changé. Une nouvelle interface (Thunderbolt) est apparue en 2011. La gamme des Macs est esthétiquement très soignée, disons même irréprochable : c'est incontestablement le résultat des exigences de Steve Jobs, et du talent de Jonathan Ives. Mais Jobs n'a pas hésité non plus à supprimer les serveurs XServe, trop peu vendus, le 31 janvier 2011, après huit ans de bons et loyaux services.

c) L'épopée des mobiles.

l'iPod

Parallèlement au développement des Macs et de Mac OS X, Steve Jobs se lance en Octobre 2001 sur le marché des baladeurs numériques qui était alors dominé par Philips et Sony. Le premier iPod avait un disque dur de 5 Go. Il est destiné à faire partie (avec l'appareil photo et la caméra numériques, et le lecteur de DVD) d'un environnement multi-média dont le Mac serait le moyeu, le vaisseau spatial principal auquel d'autres vaisseaux plus petits (l'iPod) viennent se raccorder et s'approvisionner. Pour cela, l'iPod se synchronise avec iTunes.

L'iPod de base (appelé Classique) a eu une nombreuse descendance : l'iPod Mini (janvier 2004) équipé d'une roue de commande, puis l'iPod Shuffle (Janvier 2005), qui remplace le disque par une mémoire Flash, suivi de l' iPod Nano (Septembre 2005) qui passera par de nombreuses générations. Enfin, apparaît l'iPod Touch qui est un iPhone privé des fonctions de téléphonie. Celui-ci a aussi connu plusieurs générations, la dernière lancée en septembre 2010.

l'iPhone

Il se dit que l'idée de lancer Apple dans le marché des téléphones portables vient de Jean Marie Hullot qui aurait convaincu Steve Jobs de se lancer dans l'aventure, et dirigé à Paris de 2001 à 2005 une cellule secrète d'évaluation. En 2005, la décision étant prise, Steve Jobs propose à Hullot de revenir en Californie, mais ce dernier décline l'offre ; le développement de l'iPhone se fera donc sans lui.

Le premier iPhone a été présenté aux USA en janvier 2007, et était disponible en France en Juillet 2008. C'est un Smartphone, comme il en existait déjà beaucoup sur le marché, mais ce qui fait son originalité, c'est son interface multitouch sur un écran graphique qui a été rapidement copiée. Parti de rien en 2007, Apple a réussi à conquérir 17 % de parts de marché en 2011. On attend la prochaine version (iPhone 5) pour l'automne 2011.

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Ventes mondiales de Smartphones (source Wikipedia)

La dernière version disponible (iPhone 4) dispose d'un écran de haute résolution (326 ppp), d'un appareil photo numérique de 5 MPx et d'un gyroscope.

l'iPad

La tablette numérique d'Apple complète la gamme entre l'iPhone ou l'iPodTouch et le Mac Book Air. Elle a vite remplacé les netBooks qui ont eu leur heure de gloire avant sa sortie. L'iPad 1 est sorti en Avril 2010 sans appareil photo, remplacé en mars 2011 par l'iPad 2. Ce sont des objets attractifs qui soulèvent beaucoup d'enthousiasme, et ont connu un tel succès qu'Apple a été longtemps incapable de satisfaire à la demande.

iOS

L'iPhone et l'iPad (et l'iPod Touch) fonctionnent avec le système d'exploitation iOS d'Apple. C'est une version de Mac OS X simplifiée et adaptée. L'iPhone et l'iPad sont très riches en applications de toutes sortes disponibles par l'intermédiaire de l'Apple Store grâce à des outils de développement puissants proposés par Apple et à une politique très volontariste pour encourager les développeurs (voir les WWDC).

La leçon de NeXT

Pour la fabrication de ces produits, Steve Jobs s'est bien gardé de renouveler la faute qu'il avait commise pour NeXT en ayant sa propre usine. Il sous-traite en Chine, auprès de Foxconn principalement. Mais les énormes quantités vendues posent de redoutables problèmes d'approvisionnement et de gestion.

L'épisode des iBidules représente une somme de travail considérable et une capacité d'innovation sans précédent. Une nouvelle interface à écran tactile a rapidement remplacé la souris et le moniteur traditionnel ; il a fallu réaliser les adaptations nécessaires, et imaginer des solutions de sélection, de défilement, d'édition, adaptés à des écrans de petite taille. Bien sûr, Steve Jobs n'en a pas été le seul artisan, mais il en a été l'initiateur, le coordinateur, le décideur pour les choix difficiles. On ne saurait trop admirer cette tâche immense et remarquable. Malheureusement, c'est Mac OS X qui en a pâti.

d) Un écosystème de plus en plus fermé.

Le revers du décor, c'est qu'Apple, parti de systèmes ouverts, s'est progressivement enfermé dans son propre cocon, dans un écosytème (système économique) de plus en plus fermé et isolé, qui n'est pas du goût de tout le monde.

La chose a commencé avec les Apple Stores, initiés en Mai 2001. En 10 ans, plus de 300 Apple Stores se sont ouverts de par le monde, le plus souvent dans des quartiers de prestige. Le concept permet de disposer de spécialistes, mais a porté un coup sérieux au commerce de détail et aux distributeurs traditionnels de produits Apple dont le rôle est réduit à des miettes.

Les ventes directes d'Apple sur Internet n'arrangent pas non plus les choses. Elles sont très pratiques et fiables (je les utilise fréquemment), mais elles contribuent elles aussi à enfermer Apple dans son univers et à la couper du monde.

Le magasin d'iTunes participe lui aussi à cet enfermement : il permet d'acheter de la musique, des films ou des séries TV à regarder ; c'est facile et indolore, sauf quand on reçoit la facture. C'est pourquoi, personnellement, je l'utilise très peu et m'en méfie beaucoup.

Et c'est la même chose avec l'App Store qui permet de télécharger des logiciels pour Mac OS X, pour l'iPhone ou pour l'iPad. Certains sont gratuits, beaucoup sont à des prix beaucoup plus abordables qu'ils ne l'étaient auparavant. Mais l'App Store est entièrement contrôlé par Apple, qui prélève sa quote part (30 %) dans le prix de la transaction, et ne laisse à l'auteur (après le paiement de la TVA) que 50 % de celle-ci. Pour des ventes importantes, cela peut générer des fortunes, mais la comparaison avec des méthodes de distribution traditionnelles peut faire hésiter.

D'autant plus que les critères d'acceptation des applications sur l'App Store sont très strictes. En novembre prochain, toutes les applications proposées devront être compatibles avec le bac à sable. D'un côté, c'est rassurant, mais de l'autre, c'est très handicapant.

Enfin, la fermeture intervient depuis très longtemps au niveau des machines. A part le Mac Pro, aucune n'est facilement démontable, et Apple s'ingénie même à mettre des bâtons dans les roues avec des têtes de vis spéciales. Moi qui ai monté des dizaines de PCs, je ne m'aventure que rarement à ouvrir un Mac. Théoriquement, il suffit d'une paire de ventouses pour ouvrir un iMac, mais sans salle blanche, je ne m'y risquerais pas, par peur de récupérer des poussières sur mon écran. Il serait pourtant facile de concevoir un démontage du dos de la machine pour pouvoir y changer le disque dur... mais Steve Jobs en a décidé autrement !

Conclusion

Dans ses trois vies de PDG, Steve Jobs a réalisé une œuvre considérable et, même si elle est parfois critiquable ( je regrette l'enterrement en douceur de Mac OS X), elle nous fournit tous les jours le plaisir rare de travailler avec des machines belles, efficaces, faciles à utiliser. On ne saurait trop lui en être reconnaissant.