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Où va Apple ?




Avec le décès de Steve Jobs le 5 octobre 2011, peut-on espérer qu'Apple ne sera plus comme avant ? Se sachant condamné, Steve Jobs avait soigneusement préparé l'avenir, en désignant son successeur, en instillant un esprit d'entreprise, en lançant les bases du futur siège social de Cupertino (Campus 2). Sans ce patron charismatique et particulièrement exigeant, il est légitime de se demander comment va évoluer Apple ; cela nous concerne tous, utilisateurs de Macs et des iBidules ; cela concerne aussi toute la communauté informatique : les décisions d'Apple continueront-elles de s'imposer aux autres comme elles l'ont fait au moment de la sortie du Lisa et du Mac, et puis, depuis quatre ans, avec la sortie de l'iPhone (le standard des smartphones), celle de l'iPad (le standard des tablettes) ou du MacBook Air (le standard des netBooks), les profondes altérations de Mac OS X, et le quasi abandon de la clientèle des entreprises (le déclin de Mac OS X Server et l'abandon des XServe).

Je ne lis pas dans le marc de café, et je me garderai bien de faire des prévisions. Je voudrais seulement me contenter d'avancer quelques réflexions personnelles sur le devenir d'Apple : ce qui est vraisemblable, et ce que je voudrais voir venir (et qui n'est pas nécessairement vraisemblable). Apple peut encore nous surprendre, mais les bases de l'évolution des outils mobiles ont été posées, leur adoption s'est faite largement, y compris, mais encore timidement, au sein des entreprises, qui ont laissé faire, et parfois aidé, la diffusion des iPad et des iPhones en leur sein, au grand dam des acteurs traditionnels (RIM). Mais Apple n'est pas dominante partout : l'activation des équipements Androïd se fait au rythme de 700 000 par jour (pas plus de 300 000 pour iOS). Il est vrai qu'il y a Apple d'un côté et tout le reste du monde de l'autre. Mais une position dominante est vite menacée même si elle a des atouts de son côté, et surtout quand elle suscite l'envie.

1- La gamme des Macs.

Des rumeurs ont couru sur une suppression possible du Mac Pro, qui n'a pas changé depuis Août 2010 ; ce serait, pour Mac OS X, le commencement de la fin ; on a aussi fait état d'un profond renouvellement possible de la gamme ; mais les dernières nouveautés (iMac en Mai 2011, MacMini et MacBook Air en juillet 2011, MacBook Pro en octobre 2011) n'ont apporté (à part le port Thunderbolt) que des modifications mineures. Il faudra donc sans doute attendre le milieu de 2012, et la disponibilité des Xeon et de l'architecture Intel Ivy-Bridge, pour voir de nouveaux Macs, la pénurie de disques durs n'arrangeant pas non plus les choses.

Mais à mon humble avis, le problème des Macs n'est pas là. Il se trouve dans le devenir de Mac OS X. Que va nous concocter Apple après Lion ? Rien n'a été fait pour remédier aux insuffisances du système de fichiers : la fonctions Auto Save a certes l'avantage de libérer l'utilisateur d'un souci constant depuis le début de l'informatique (enregistrer périodiquement), mais les fichiers sont toujours aussi fragiles, à la merci de la moindre anicroche (pas de somme de contrôle), bien qu'on puisse en récupérer des versions successives (ce qui n'est pas très utile). Lion s'est orienté vers une plus grande facilité d'utilisation pour le débutant, en cachant de plus en plus de fonctions héritées d'Unix. Mais le système demande encore un apprentissage important, et n'est pas plus à la portée des plus démunis (les séniors débutants par exemple) que Windows ou Linux.

Certes, Mac OS X est plus agréable à utiliser et plus efficace. Cela tient à des choix fondamentaux, comme le menu en haut de l'écran (et non pas en tête des fenêtres), et la disponibilité du Finder en colonnes, beaucoup mieux adapté aux capacités actuelles des disques durs que les tableaux d'icônes ou les listes de fichiers. Mac OS X dispose aussi d'un Dock escamotable (qu'Apple utilise d'ailleurs bien mal) et de multiples astuces que ses concurrents se sont efforcés d'imiter, comme l'affichage des applications en cours (Cmd-Tab) et le passage rapide de l'une à l'autre, l'outil de recherche Spotlight dans le système de fichiers, l'affichage plein écran, utile dans certains cas seulement, ou l'outil de sauvegarde Time Machine (fort mal conçu pour des configurations un peu musclées).

Parmi les systèmes d'exploitation actuellement utilisés, Apple a nettement progressé en parts de marché, mais Windows est encore très largement dominant. Mac OS X dispose donc d'une marge considérable de croissance possible, si Apple voulait bien se donner la peine d'ouvrir un peu ses machines pour faciliter leur mise à jour et leur évolution. Mais il n'est pas sûr que la nouvelle équipe osera transgresser le dogme posé par son ancien patron. Y a-t-elle d'ailleurs intérêt ? Apple a du mal à répondre à la demande, et, même plus chères et fermées, ses machines se vendent facilement.

2- L'épopée des mobiles.

Bien que les téléphones mobiles existent depuis plus de vingt ans, l'évolution de ces quatre dernières années a été déterminante. 2007, c'est le moment où sort l'iPhone, qui instaure un nouveau standard, avec son interface tactile et l'absence de clavier. Depuis, Apple a grignoté les parts de marché de Nokia et de RIM, deux anciens acteurs dominants et complémentaires (l'un pour le grand public et l'autre pour les entreprises). Les FAI ont dû suivre, en fournissant une bande passante toujours plus importante, mais à des tarifs qui (de mon point de vue et pour mes besoins) restent beaucoup trop chers.

Cela n'a pas empêché une croissance exponentielle des téléphones cellulaires. Dans ce domaine, Apple distille les nouveautés à dose homéopathique : on attend toujours (pour l'automne 2012 ?) l'iPhone 5, remplacé en Octobre 2011 par une version iPhone 4S qui n'avait de plus, comparé à l'iPhone 4, qu'un appareil photo plus évolué, une puce bi-cœur, et l'interface vocale "intelligente" Siri. C'est peut être là qu'Apple peut gagner des points : depuis trente ans, on parle d'intelligence artificielle sans qu'elle ait pu se concrétiser ; Siri semble être une avancée intéressante, et pourrait se répandre et s'améliorer sur tous les appareils Apple avant d'être adoptée aussi par la concurrence.

Un nouvel iPad est attendu pour le printemps 2012 ; il faut espérer qu'il aura un meilleur équipement photo que l'iPad 2, pour lequel c'est une catastrophe indigne d'Apple ! Mais tel qu'il est, l'iPad continue à séduire. Je ne sais pas trop pourquoi : je l'utilise pour ma part très modérément et préfère travailler sur un vrai Mac... Mais il est indéniable que beaucoup de gens en raffolent, et que c'est actuellement un des principaux atouts d'Apple, encore mal concurrencé.

Il faut sans doute s'attendre à un renouvellement de la gamme des iPod, et à la disparition de l'iPod classique. J'ai été séduit par le dernier iPod nano en version montre-bracelet, mais déçu par son ergonomie (impossible d'arrêter l'affichage de la fonction de lecture musicale) ; Apple ferait bien de réfléchir un peu mieux à la fonctionnalité de ses gadgets...

Avec iCloud, Apple se positionne parmi les premiers à fournir une solution de synchronisation simple pour l'iPod Touch, l'iPhone, l'iPad, et le Mac. Vous pouvez ainsi synchroniser (en WI-FI) votre musique, vos photos, vos documents et vos applications, ainsi que vos iBooks, vos calendriers, Mails et contacts. Mais vous pouvez aussi localiser un iBidule égaré ou perdu (ou volé), ou vos amis. A ma connaissance, aucun concurrent ne fournit une panoplie équivalente de services avec un espace de stockage gratuit de 5 Go. Apple a donc encore une longueur d'avance dans ce domaine, mais va-t-elle la garder longtemps ?

Apple et la Télé ? C'est un secret de Polichinel que Steve Jobs s'est aussi intéressé à la télé ; pas simplement à un boitier de streaming comme l'Apple TV, mais aussi à des téléviseurs complets et plus ergonomiques que ceux existants. La chose va peut-être se concrétiser en 2012 (on parle de TV de 32 et 37 pouces).

3- Quelles perspectives d'avenir ?

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Comme l'a souligné Jason Hiner, l'héritage à long terme de Steve Jobs n'est pas tellement Apple, mais l'humanisation de la technologie. Jobs a mis l'homme au centre de la technologie, et Lion ne fera pas mentir cette assertion ; en se concentrant sur les sentiments et les réactions de l'utilisateur, Steve Jobs a renversé la façon de penser, qui consistait traditionnellement à partir de la technologie pour satisfaire l'utilisateur ; les AHIG en témoignent abondemment.

Pourtant, la piètre qualité des logiciels d'Apple témoigne de la difficulté de la chose : visiblement, Apple est bien loin d'écouter l'utilisateur, celui qui se collète régulièrement avec son Mac, et qui souhaiterait des logiciels plus simples, moins invasifs que iTunes ou iPhoto par exemple, moins vilains et moins mal faits que les dernières versions de iCal ou de Carnet d'adresses.

J'ai depuis longtemps dénoncé la mauvaise qualité des logiciels et des service d'Apple : iTunes est une usine à gaz difficile à dominer, même pour utilisateur confirmé ; cela fuse de tous les côtés, et l'ergonomie en est souvent très discutable : par exemple, la barre latérale disponible au lancement d'iTunes (figure 1) n'est récupérable qu'à l'aide de la croix (figure 2, à gauche) quand on est passé dans l'iTunes Store, et la Maison ne sert pas à y accéder mais à afficher les rubriques d'iTunes Store. Certes, la croix sert traditionnellement à fermer une fenêtre, mais rien ne permet d'identifier l'affichage d'iTunes Store comme une fenêtre différente de celles de la musique, des films ou des séries TV. iTunes est incohérent.

Quand on branche un iBidule, il est le plus souvent difficile de savoir ce que donneront les options de synchronisation, à moins de les utiliser tous les jours. Pour un logiciel qui devrait être au centre des préoccupations de l'utilisateur, c'est complètement raté ! Ceci n'est qu'un exemple. iPhoto est tout aussi mal commode, et de surcroît très gourmand en mémoire de stockage. Pour les services, il suffit d'évoquer les difficultés de mise en route de Mobile Me, qui a précédé iCloud.

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Fig. 2 : cliquer sur la croix à gauche pour revenir à la barre latérale.

Autrement dit, malgré les bonnes paroles et les exhortations d'Apple, les logiciels d'Apple sont loin de respecter les AHIG. C'est dans ce domaine que des progrès décisifs pourraient être faits, mais il faudrait pour cela qu'Apple soit à l'écoute de ses utilisateurs, et ce n'est pas le cas (faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais).

Apple n'est d'ailleurs pas plus à l'écoute de ses distributeurs qu'elle ne l'est de ses utilisateurs, comme en témoigne ce coup de gueule de Ebizcuss. En s'enfermant dans son cocon, Apple se coupe de plus en plus du monde ; cela ne lui réussira peut-être pas indéfiniment.

Conclusion

Jobs voulait mettre l'utilisateur au centre du système informatique, mais selon sa vision des choses. Il ne semble pas avoir réalisé que l'utilisateur peut avoir une autre vision des choses, toute aussi légitime. Il n'a donc mis en pratique aucune stratégie d'écoute, et Apple s'est généralement contentée d'imposer ses choix, sans aucune concertation. C'est la grande faiblesse de la société, et il n'est pas sûr qu'elle s'en rende compte dans un proche avenir...